Ce sont 121 nouvelles recrues du bataillon Shejaiya du Hamas qui ont suivi un programme d’entraînement de sept jours, entre le 17 février et le 1er mars

Des hommes armés et masqués du Hamas assistent aux funérailles de Mahmoud al-Nabaheen, 24 ans, dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 23 janvier 2019. (Mahmud Hams/AFP)
Un document du Hamas saisi par l’armée israélienne au cours d’opérations menées à Gaza révèle que le groupe terroriste a exploité le cessez-le-feu conclu avec Israël entre janvier et mars 2025 pour former et préparer rapidement de nouveaux combattants en vue de la reprise des combats. C’est ce qu’indique un rapport publié par le Centre d’information sur le renseignement et le terrorisme Meir Amit, un organisme lié au gouvernement.
Selon ce rapport, le document décrit en détail un programme d’entraînement de sept jours, organisé entre le 17 février et le 1er mars pour 121 nouvelles recrues affectées au bataillon Shejaiya du Hamas, alors que le cessez-le-feu était encore en vigueur.
D’après ce document, les recrues ont bénéficié d’une formation aux techniques de combat sur le terrain, aux tactiques antichars, à l’utilisation d’armes israéliennes, notamment les fusils M16 et Tavor, aux premiers secours, à la défense contre les drones et à la rédaction de rapports de combat, en plus de sessions d’endoctrinement religieux et idéologique.
Le Hamas, précise le rapport, a également intégré les enseignements opérationnels tirés de la guerre dans son programme de formation accélérée, lequel a été spécialement conçu pour pouvoir être achevé avant l’expiration du cessez-le-feu.
Le Centre Meir Amit estime que le Hamas a mis à profit le cessez-le-feu non seulement pour regrouper ses forces et permettre à ses combattants de se reposer, mais aussi comme une « fenêtre stratégique » pour accroître ses effectifs et intégrer de nouveaux combattants en vue de la reprise des combats avec Israël.
D’après le rapport, 116 des 121 recrues ont mené à bien la formation. Douze ont même obtenu une mention.
Le Hamas a également été accusé de profiter du cessez-le-feu actuel, en vigueur depuis octobre dernier, pour reconstituer ses forces de la même manière. Un document interne des services de renseignement de l’armée israélienne, transmis aux responsables politiques le mois dernier, alertait sur le renforcement progressif des capacités du Hamas à Gaza, ainsi que l’a rapporté la chaîne N12.

Le gouvernement américain sanctionne des personnes liées au Hamas
Le gouvernement américain a placé mardi sur sa liste noire des personnes sanctionnées plusieurs individus liés au Hamas, dont certains sont basés en Europe.
« Les désignations d’aujourd’hui visent trois catégories d’acteurs facilitant les activités du Hamas », explique le département d’Etat dans un communiqué.
Il s’agit « des organisateurs d’une flottille soutenue par le Hamas voulant rejoindre Gaza ; des membres des réseaux des Frères musulmans alignés avec le Hamas qui facilitent des attentats terroristes violents ; et des coordinateurs de Samidoun, une organisation servant de couverture au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) », selon ce texte.
Sont visées plusieurs personnes présentées comme vivant en Europe (en Espagne ou en Belgique).

Pour la Belgique, il s’agit en l’occurrence de Mohammed Khatib, le coordinateur européen de Samidoun. Les autorités belges avaient dit il y a deux ans vouloir lui retirer son statut de réfugié.
Samidoun se décrit comme un réseau international de militants travaillant pour les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.
En Espagne, est notamment visé Saif Abu Keshek, un militant d’une « flottille pour Gaza » récemment arrêté par l’armée israélienne au large de la Grèce, emmené en Israël car soupçonné de liens avec le Hamas palestinien, puis expulsé vers Barcelone.

Plusieurs « flottilles » ont tenté en vain de briser le blocus israélien imposé à la bande de Gaza, contrôlée à 40 % par le Hamas.
Allié d’Israël, Washington prend régulièrement des sanctions contre les personnes et organisations suspectées de soutenir le mouvement terroriste islamiste palestinien.
« La mesure prise aujourd’hui met en lumière la manière dont le Hamas exploite les organisations de la diaspora, les institutions religieuses et les prétendus groupes de la société civile pour faire avancer son programme malveillant tout en invoquant des objectifs humanitaires », affirme le département d’Etat.
Quand Washington frappe des personnes et entités de sanctions, les avoirs qu’elles détiennent éventuellement aux Etats-Unis sont gelés. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, au risque d’être à leur tour frappés par des sanctions.
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