Face à la montée des tensions armées au Liban et au Moyen-Orient, les responsables ecclésiastiques du pays tirent la sonnette d’alarme. Dans une déclaration commune, les patriarches et évêques appellent à l’arrêt immédiat de la violence, au renforcement de l’autorité de l’État libanais et à une mobilisation internationale pour éviter une extension du conflit.

L’Assemblée des patriarches et des évêques catholiques au Liban exprime sa «profonde inquiétude» devant l’escalade des conflits armés qui frappe le Liban et l’ensemble du Moyen-Orient. C’est ce que l’on peut lire, en effet, dans une déclaration rendue publique, ce jeudi 5 mars, et, signée pour la première fois par quatre patriarche – le cardinal Bechara Boutros Raï, patriarche maronite d’Antioche, le patriarche melkite Youssef Absi, le patriarche syriaque catholique Ignace Youssef III Younan et le patriarche arménien catholique Raphaël Bedros XXI Minassian.

Dans ce texte, les responsables ecclésiastiques évoquent une situation marquée par la multiplication des victimes civiles, le déplacement de nombreuses familles et une aggravation de la crise humanitaire. La poursuite de cette spirale de violence menace directement, peut-on lire dans le document, «la dignité de la personne humaine» et fragilise les bases de la justice et de la stabilité dans la région. Les patriarches et évêques s’associent aussi à l’«appel moral» du Pape Léon XIV: «La violence n’est jamais le bon choix, et nous devons toujours choisir le bien». L’Assemblée des patriarches et des évêques catholiques au Liban présente donc ces propos du Pape comme un appel urgent à privilégier la paix et la responsabilité collective.
Comme l’ensemble des habitants de la région, les chrétiens du Moyen-Orient vivent des heures difficiles alors que les bombardements contre l’Iran se poursuivent tout comme les tirs …

Appel à préserver la paix
Depuis le Liban, décrit comme une «terre de message et de coexistence», les patriarches et les évêques catholiques exhortent les dirigeants politiques à assumer pleinement leurs responsabilités nationales. Ils les invitent à préserver le pays des répercussions des conflits régionaux et à protéger l’unité interne ainsi que la paix civile. La déclaration insiste également sur la nécessité de renforcer la souveraineté de l’État, notamment par la limitation des armes à son autorité exclusive. Les patriarches appellent les différentes forces politiques et spirituelles à soutenir le gouvernement libanais afin d’éviter que «le destin de la nation» ne soit compromis.
Au-delà de la scène nationale, l’Assemblée demande à la communauté internationale et aux institutions concernées de redoubler d’efforts diplomatiques afin de prévenir toute nouvelle escalade et de promouvoir des solutions «justes» garantissant les droits des peuples. Le document insiste sur le fait que seule la justice peut ouvrir la voie à une paix «stable et durable».

Solidarité et prière pour la paix
La déclaration s’adresse également aux fidèles et à «toutes les personnes de bonne volonté». Les patriarches les encouragent à soutenir les populations restées dans leurs villages et à accueillir les civils déplacés, dans un esprit inspiré de l’Évangile. Pour finir, les responsables religieux confient le Liban, le Moyen-Orient et le monde entier à la «providence divine», «demandant à Dieu d’accorder à notre monde troublé une paix juste et durable, de guider les cœurs vers la réconciliation et de fortifier les pas de notre peuple libanais sur les chemins de la fraternité et de l’harmonie dans un esprit national sincère, par l’intercession de la Vierge Marie, Reine de la Paix».
V.N

