Soudan du Sud: Les membres de la Conférence des évêques catholiques condamnent les massacres de Jonglei

Rédaction Alleluia Event
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Les membres de la Conférence des évêques catholiques du Soudan et du Soudan du Sud (SSSCBC) ont fermement condamné ce que certaines agences de l’ONU qualifient de nouveaux massacres de civils innocents dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud.

«Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces meurtres odieux et insensés. Rien ne saurait justifier le meurtre de civils innocents. De tels actes constituent une offense contre Dieu, Créateur de la Vie, et un péché grave contre l’humanité. Nous exprimons notre solidarité indéfectible avec nos populations d’Ayod et d’Abiemnhom, à nouveau plongées dans le deuil, la peur et le déplacement», déclarent les évêques. Selon des sources ecclésiastiques dans la région, au moins 169 personnes ont été tuées dans ce qui a été décrit comme des «violences intercommunautaires à motivation politique». Le bilan des victimes devrait s’alourdir en raison des blessés graves. La plupart des habitants d’Abiemnhom ont été évacués vers la ville d’Abyei.

La vengeance n’est pas justice

La déclaration des évêques, diffusée aux médias le mardi 4 mars et signée par tous les membres de la Conférence épiscopale, exprime leur profonde consternation et leur tristesse face à la cruauté persistante et alarmante de la violence. «Nous avons reçu des informations bouleversantes concernant le ciblage et le meurtre brutaux de civils innocents dans le comté d’Ayod, dans l’État de Jonglei, et dans le comté d’Abiemnhom, dans la zone administrative de Ruweng. Ces actes représentent non seulement une perte tragique de vies humaines, mais aussi une nouvelle descente dans l’abîme de la dépravation humaine, où le caractère sacré de la vie, don précieux de Dieu, est bafoué en toute impunité.» Les évêques ajoutent: «La culture de la vengeance meurtrière s’est profondément enracinée dans certaines parties de notre société. Les cycles de représailles, alimentés par la colère, la culpabilisation collective et les griefs historiques, continuent de détruire des familles, d’affaiblir les communautés et de priver nos enfants de leur avenir. La vengeance n’est pas la justice. La punition collective n’est pas la force. Œil pour œil, dent pour dent n’est pas dignité. Cette mentalité doit cesser», affirment les évêques.

Appel aux dirigeants du Soudan du Sud

Ces violences surviennent dans un contexte d’instabilité politique croissante au Soudan du Sud. Les affrontements entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) et l’Armée populaire de libération du Soudan en opposition (SPLA-IO) dans certaines parties de Jonglei sont malheureusement devenus fréquents. «Aux gouvernements de transition à tous les niveaux, nous adressons un appel fervent et urgent: vous êtes les gardiens du bien commun, investis du devoir sacré de protéger la vie. Nous vous appelons à agir immédiatement, avec détermination et transparence», peut-on lire dans la déclaration des évêques. Dans les cas particuliers des récents meurtres d’Ayod et d’Abiemnhom, les évêques ont demandé une enquête approfondie et indépendante qui devrait permettre d’identifier et de poursuivre les auteurs de ces crimes.

V.N

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