Un minuscule artefact découvert par le projet de tamisage du mont du Temple à Jérusalem pourrait désigner un fonctionnaire du roi Josiah cité dans Rois II et Chroniques II
Un sceau en argile datant de la période du Premier Temple et frappé d’un nom hébreu figurant dans la Bible a été découvert par des archéologues participant au Temple Mount Sifting Project (projet archéologique du mont du Temple) à Jérusalem, a annoncé mardi l’organisation responsable du projet.
Ce minuscule artefact porte une inscription en paléo-hébreu signifiant « Appartenant à Yed[a‛]yah (fils d’) Asayahu ».
« Depuis le lancement du projet, il y a plus de 20 ans, c’est seulement la deuxième fois que nous découvrons un sceau avec une inscription aussi complète. La quasi totalité des lettres sont clairement lisibles », a déclaré l’archéologue Zachi Dvira, qui codirige le projet aux côtés du Dr Gabriel Barkay.
d’Asayahu) », découvert en juillet 2025. (Crédit : Temple Mount Sifting Project)
Un sceau en argile datant de la période du Premier Temple et frappé d’un nom hébreu figurant dans la Bible a été découvert par des archéologues participant au Temple Mount Sifting Project (projet archéologique du mont du Temple) à Jérusalem, a annoncé mardi l’organisation responsable du projet.
Ce minuscule artefact porte une inscription en paléo-hébreu signifiant « Appartenant à Yed[a‛]yah (fils d’) Asayahu ».
« Depuis le lancement du projet, il y a plus de 20 ans, c’est seulement la deuxième fois que nous découvrons un sceau avec une inscription aussi complète. La quasi totalité des lettres sont clairement lisibles », a déclaré l’archéologue Zachi Dvira, qui codirige le projet aux côtés du Dr Gabriel Barkay.
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« Habituellement, nous ne rendons pas nos nouvelles découvertes publiques aussi rapidement », a-t-il indiqué par téléphone au Times of Israel à propos du sceau trouvé ce mois-ci. « Mais dans ce cas précis, l’artefact était très reconnaissable, et la Dr Anat Mendel-Geberovich, qui travaille dans notre laboratoire, est l’une des plus grandes expertes en écriture hébraïque ancienne. Nous avons donc décidé d’avancer l’annonce, également parce que nous avons estimé comme très significatif que ce sceau ait été découvert juste avant Tisha BeAv. »
Tisha BeAv, jour de deuil juif qui cette année aura lieu dimanche, marque l’anniversaire de la destruction du Premier Temple par les Babyloniens en 586 avant notre ère, et du Second Temple par les Romains en 70 de notre ère.
Le style d’écriture a permis aux chercheurs de dater le sceau du VIIe ou VIe siècle avant notre ère.

Un groupe de visiteurs travaillant au Temple Mount Sifting Project sur une photo non datée. (Crédit : Temple Mount Sifting Project)
Le nom Asaya apparaît à plusieurs reprises dans la Bible dans le contexte du royaume de Josiah, le 16e roi de Juda, qui régna dans la seconde moitié du VIIe siècle avant notre ère.
« Et le roi donna cet ordre à Hilkiah, à Ahikam, fils de Shaphan, à Abdon, fils de Micah, à Shaphan, le secrétaire et à Asaya, le serviteur du roi », peut-on lire dans Chroniques II, 34:20.
La même histoire apparaît presque mot pour mot dans Rois II, 22:12 : « Et le roi donna cet ordre au prêtre Hilkiah, à Ahikam, fils de Shaphan, à Achbor, fils de Michaiah, au secrétaire Shaphan et à Asaya, le ministre du roi. »
La version du nom inscrite sur le sceau, « Asayahu », contient une lettre Vav supplémentaire, un type de suffixe qui était souvent ajouté aux noms hébreux anciens pour témoigner de leur lien avec Dieu (Y-H-V-H).

Un sceau en argile datant de la période du Premier Temple et portant l’inscription « Yed[a‛]yah (fils d’) Asayahu » a été découvert en juillet 2025 dans le cadre du Temple Mount Sifting Project (projet de tamisage du mont du Temple). (Crédit : Temple Mount Sifting Project)
Les versions longue et courte du nom étaient souvent utilisées de manière interchangeable », a expliqué Dvira.
Et d’ajouter : « Le nom Asayahu apparaît également sur un autre sceau en argile portant les mots ‘serviteur du roi’ et identifié il y a environ 20 ans. Toutefois, comme cet artefact provient du marché des antiquités et non d’un contexte archéologique, il est plus difficile d’affirmer avec certitude son authenticité. »
Pendant la période du Premier Temple, des sceaux d’argile, également connus sous leur nom latin bullae, étaient utilisés pour la gestion des entrepôts.
Des dizaines de ces sceaux en argile ont été exhumés à Jérusalem, parfois frappés de noms apparaissant également dans la Bible.
« Évidemment, nous ne sommes pas certains que l’Asayahu mentionné sur le sceau soit le même que celui qui est cité dans la Bible », a indiqué Dvira. « Plusieurs artefacts de ce type trouvés dans la zone du mont du Temple portent des noms bibliques, ce qui est logique, car il ne s’agissait pas d’objets utilisés par le peuple. »
Dans l’Antiquité, on pressait des mottes d’argile sur le nœud d’une corde qui fermait une poignée de porte ou un conteneur. Le responsable du trésor apposait ensuite son sceau ou celui de son supérieur sur l’argile afin d’empêcher toute altération.
Le Temple et les trésors royaux se trouvaient tous dans la zone du mont du Temple à l’époque biblique, a précisé Dvira.
« Ce sceau appartenait à l’un des administrateurs des entrepôts du mont du Temple », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons toutefois pas dire s’il s’agit du trésor du Temple ou du trésor royal. »

Des visiteurs tamisent des seaux de terre provenant du mont du Temple lors de la relance du « Temple Mount Sifting Project », le 2 juin 2019. (Crédit : Yosef Huri)
Au vu du caractère sensible de ce site sacré pour les Juifs et les musulmans, qui l’appellent le Noble Sanctuaire ou Haram al-Sharif, aucune fouille archéologique ne peut être effectuée sur le mont du Temple, qui est géré par le Waqf islamique.

Pourtant, entre 1996 et 1999, la branche nord du Mouvement islamique a mené illégalement un projet de construction à grande échelle, visant à bâtir une mosquée souterraine dans une zone communément appelée « les écuries de Salomon ».
C’est alors qu’a germé l’idée du projet archéologique, après que Barkay et Dvira ont récupéré quelque 9 000 tonnes de terre provenant du chantier, qui avaient été déversées dans la vallée du Cédron.

Projet de construction illégal sur le mont du Temple en 1999. (Crédit : police israélienne)
De 2005 à 2017, le projet a occupé un bâtiment géré par la Cité de David.
Après deux ans d’interruption, le projet a été transféré sur le site de Mitspe Hamasuot (belvédère de Hamasuot) sur le mont Scopus, sous l’égide du Mount of Olives Ridge Jewish Communal Development Fund et avec le soutien de l’organisation American Friends of Beit Orot, basée à New York. Le groupe décrit sa mission comme « la préservation du patrimoine historique et spirituel de la Jérusalem juive en soutenant les activités dans la région de Beit Orot » et la création d’une « présence juive dynamique et durable à Jérusalem ».
Le projet bénéficie du parrainage académique de l’Institut d’archéologie de l’université Bar-Ilan. Au fil des ans, plus d’un demi-million d’objets, dont des pièces de monnaie, des bijoux, des artefacts en argile et des os d’animaux carbonisés, ont été mis au jour par quelque 260 000 bénévoles venus d’Israël et du monde entier, qui ont minutieusement tamisé des seaux entiers de terre.
Après avoir tamisé la terre, les visiteurs trient les objets trouvés selon différentes catégories avec l’aide du personnel du projet, séparant les os et les poteries (les objets les plus courants), le verre, les pièces de monnaie, etc. Ils les placent ensuite dans différents récipients, qui seront ensuite examinés par un archéologue professionnel.

L’archéologue Zachi Dvira, codirecteur du Temple Mount Sifting Project, sur le mont du Temple. (Crédit : Melissa Hensley)
C’est en étudiant l’un de ces récipients, dans lequel il ramassait des ossements tamisés il y a environ deux ans, que l’archéologue Mordechai Ehrlich a identifié la minuscule bulla d’Asayahu.
« L’artefact ressemblait à un os et avait la couleur d’un os, mais [Ehrlich] s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un objet en argile, sur lequel figurait une inscription », a raconté Dvira.
Pour déchiffrer la bulla, les chercheurs ont utilisé une technique spéciale appelée Reflectance Transformation Imaging (RTI ou imagerie par transformation de la réflectance). Cette technique permet de créer une image composite en photographiant un objet plusieurs fois depuis un même endroit, sous des conditions d’éclairage variables, tandis que la source lumineuse se déplace à la même distance autour de l’objet.
Selon Dvira, au cours des 20 dernières années, à mesure que les techniques de tamisage se sont perfectionnées et que leur utilisation s’est généralisée dans les fouilles archéologiques de la région, le nombre de bullae provenant des travaux sur le terrain a fortement augmenté.
« À cause de leur petite taille, les sceaux en argile sont difficiles à identifier », a-t-il expliqué. « Autrefois, la plupart des bullae provenaient du marché des antiquités mais, grâce au développement de nouvelles techniques permettant de tamiser d’énormes quantités de terre, de plus en plus de fouilles ont commencé à faire appel à nos services de tamisage – ou à effectuer le leur. Aujourd’hui, les chiffres indiquent que l’on trouve 10 à 20 fois plus de bullae lors de fouilles archéologiques contrôlées qu’auparavant. »
L’équipe travaille déjà à la publication d’un article universitaire sur cet artefact, a annoncé Dvira.
Le projet archéologique du mont du Temple poursuit ses travaux, a-t-il ajouté, même si le nombre de visiteurs a considérablement diminué en raison de la guerre déclenchée par les atrocités commises par le Hamas le 7 octobre 2023.
« Maintenant que c’est l’été, nous recevons beaucoup de visiteurs israéliens, surtout des familles, même si nous ne sommes pas en mesure d’ouvrir tous les jours, car beaucoup de nos employés sont appelés par l’armée », a fait remarquer Dvira. « J’espère que l’année prochaine, les touristes étrangers reviendront. »
T.O.I

